Quelques personnes déjà m’ont demandé quelle est la différence entre un suicrate et un survivaliste. En gros :
Un survivaliste déploie une grande quantité d’énergie pour se préparer à l’éventualité d’un effondrement économique et/ou une catastrophe majeure. Le suicrate, lui, désire devenir autonome dans tous les domaines peu importe la raison.
Si vous n’êtes pas plus curieux que ça, vous pouvez arrêter votre lecture ici. Mais le plus intéressant vous manquera.
Le survivaliste « hard » et la perception de la société
Dans certains milieux survivalistes extrêmes, on parle d’illégalité, de vivre comme en temps de guerre, d’armement, de conspiration et de politique véreuse. On utilise des termes aussi variés que des « zombies », des « bug-out bag », des « B.A.D. » (Base Autonome Durable) et autres. Si l’on s’arrête ici, ces gens sont louches. Il faut se pencher sur la définition de ces termes pour réaliser que ces termes ont été choisis par des personnes qui attribuaient peu d’importance à l’image publique au moment du choix.
Il semble que certains survivalistes hard soient conspirationnistes et que seuls ceux qui s’arment et « se préparent » détiennent la vérité. Cela semble, d’ailleurs, prouvé par le manque d’égard aux autres lors du choix desdits termes ci-haut.
Quand je vois la quantité d’énergie déployée à la gestion de l’image dans ces milieux et que certains auteurs ne dévoilent pas leur vrai nom ni sur leur site, ni sur Facebook, je constate que la force des opinions de certains est très « limite » quant aux choses acceptables en société.
J’ai rencontré certains d’entre eux lors d’une activité d’initiation au tir et je peux vous garantir que plusieurs d’entre eux semblent tout à fait normaux. D’autres diront que les gens qui les entourent sont des sangsues qui prennent et qui ne redonnent jamais. J’ai fait un faux pas sur leur forum et je me suis mérité un bannissement à vie, sans possibilité de « libération conditionnelle ».
C’est pour vous démontrer que les plus durs sont vraiment durs. Heureusement, ce n’est pas le cas de tous les survivalistes. Certains sont très civilisés. Il faut donc utiliser son jugement.
Le suicrate et son jugement
C’est exactement pour cette raison que j’ai démarré ce mouvement suicratique. Afin que les gens inconfortables avec les plus durs se retrouvent en un endroit et puissent enfin échanger sans se faire dicter comment ils doivent penser. C’est lassant de se faire souffler l’opinion d’un autre dans les bronches. Nous avons le droit à notre opinion aussi.
Le suicrate cherche seulement à briser ses relations avec les entreprises sur lesquelles il n’exerce aucun contrôle. Que ce soit le gouvernement, les chaînes d’alimentation ou autres commerces, les échanges durables passent par l’équité et le contrôle des variables qui gravitent autour de ces échanges.
Dans plusieurs articles du passé, j’ai décrit comment un suicrate peut obtenir sa viande moins chère sans obtenir des stéroïdes. Comment les compagnies mettent des poisons reconnus dans notre nourriture. Comment le gouvernement nous perçoit 2 fois des taxes sur l’essence.
Donc, la suicratie est un mode de vie autonomiste qui ne touche pas la politique.
Les différences concrètes en 2026
Le survivaliste hard se prépare pour le pire. Il stocke des années de nourriture déshydratée, il a des armes, il parle d’effondrement, de chaos, de fin du monde. Son approche est souvent teintée de paranoïa et de méfiance envers tout le monde.
Le suicrate, lui, veut juste arrêter de se faire fourrer par le système. Il veut payer 12$ pour son lapin au lieu de 37.70$. Il veut savoir ce qu’il y a dans ses tomates. Il veut pas dépendre à 100% d’un système qui peut changer les règles du jeu n’importe quand.
Le survivaliste hard voit ses voisins comme des ennemis potentiels qui vont venir voler ses réserves quand ça va mal tourner.
Le suicrate voit ses voisins comme des alliés potentiels avec qui échanger des semences, partager des outils, apprendre ensemble.
Le survivaliste hard pense que le monde va s’effondrer demain.
Le suicrate pense que le monde est déjà en train de s’effondrer lentement, et qu’il vaut mieux être prêt sans devenir fou.
Pourquoi c’est important de faire la distinction
Depuis 2020 et la pandémie, beaucoup de monde s’est mis à faire des réserves, à jardiner, à vouloir être plus autonome. Mais ces gens-là ne veulent pas être associés aux survivalistes extrêmes qui parlent de guerre civile et de fin du monde.
La suicratie, c’est une approche plus modérée, plus accessible, plus normale. C’est pas nécessaire de devenir paranoïaque pour vouloir cultiver ses tomates. C’est pas nécessaire de croire à toutes les théories du complot pour vouloir élever ses propres lapins.
Vous pouvez vouloir être plus autonome juste parce que ça fait du sens économiquement. Juste parce que vous en avez marre de payer 4.99$ pour une laitue. Juste parce que vous trouvez que ça goûte meilleur quand c’est vous qui l’avez fait pousser.
La réalité de 2026
En 2026, être suicrate, c’est plus pertinent que jamais. Pas parce que le monde va s’effondrer demain. Mais parce que l’inflation continue, parce que les prix montent, parce que la qualité de la nourriture en épicerie baisse, parce que les entreprises se foutent de votre santé tant que leurs profits augmentent.
Être suicrate, c’est pas être contre la société. C’est juste être pour soi-même et sa famille. C’est reprendre un peu de contrôle sur sa vie. C’est refuser de se faire avoir par un système qui est de plus en plus déconnecté de la réalité des gens ordinaires.
Vous n’avez pas besoin de vous préparer pour l’apocalypse. Vous avez juste besoin de vous préparer pour vivre mieux, dépenser moins, manger mieux, et être un peu moins dépendant d’un système qui ne vous doit rien.
C’est ça, la différence entre un survivaliste et un suicrate.
En résumé :
- Le survivaliste se prépare pour le pire
- Le suicrate se prépare pour vivre mieux
- Le survivaliste voit des ennemis partout
- Le suicrate voit des opportunités d’autonomie
- Le survivaliste stocke pour survivre
- Le suicrate produit pour prospérer
Vous êtes libre de choisir votre approche. Mais moi, je préfère jardiner que de m’inquiéter de l’apocalypse.


